
Umi
Timeline 2025
La réponse de Bongi en tête, j'ai contacté Seneca Orisaka, spécialiste renommée de la culture banu et conservatrice du musée de l'Amitié banu dans le système Davien. J'ai commencé l'entretien en lui posant simplement la question, mais comme tant d'autres, au lieu d'y répondre directement, elle s'est plongée dans quelques théories intrigantes soulevées au fil des siècles. Dans les années 2600, Leon Dhawan, spécialiste des Banus et numérologue amateur, avança que nos amis extraterrestres ne comptaient à l'origine que jusqu'à trois. Cette hypothèse trouve son origine dans la forme de leur caractère pour le chiffre trois, le dernier des entiers initiaux avec une capsule⁽¹⁾ ouverte en bas avant de passer à une capsule ouverte en haut pour le chiffre quatre. Dhawan s'appuyait sur cette théorie ténue pour faire nombre d’affirmations farfelues et sans fondements, notamment que les 34 000 battements de Luminalia représentaient trois itas (une journée de travail ou de jeu de 10 000 battements) plus 4000 battements supplémentaires pour les siestes et les copieux repas de midi. Compte tenu de la gymnastique mentale à laquelle Dhawan s'était livré pour parvenir à cette conclusion, il n'est pas surprenant qu'elle n'ait pas fait école. La plupart des chercheurs contestèrent la théorie de Dhawan, tandis que d'autres suggérèrent que les Banus comptaient à l'origine jusqu'à cinq. Un argument qui circule encore dans certains cercles académiques, même si les Banus n'ont jamais utilisé qu’un système décimal depuis leur rencontre avec les humains.
L'influence humaine sur Luminalia ne s'arrête pas là. Les marchands humains ont également introduit la tradition de cacher dans les zones d'atterrissage et les stations spatiales des paquets cadeaux vides pouvant être échangés contre quelques crédits ou un petit jouet. Cependant, le plus grand changement apporté par les Humains à cette fête fut sans aucun doute la standardisation de l'huile utilisée dans les lampes de Luminalia, afin qu'elle puisse brûler pendant 34 000 battements. Selon Orisaka, les premières célébrations humaines duraient environ deux jours, le nombre exact de battements fluctuant selon la conception de la lampe et le type d'huile utilisé. Cependant, de nombreux participants à ces premières célébrations ne pouvaient pas trouver (ou n’avaient pas les moyens de s'offrir) l'huile spéciale fabriquée par les soulis banus. Il s'ensuivit un vaste marché de contrefaçons de combustibles brûlant trop rapidement ou, pire encore, dégageant des fumées dangereusement polluantes ou toxiques. La fin du 25e siècle abonde en histoires de fêtards de Luminalia envoyant des messages d'urgence pour avoir allumé une lampe avec de l'huile contrefaite dans des endroits mal ventilés. L'accident le plus mémorable fit cinq morts après que la fumée dégagée eut obstrué les épurateurs d'air d'un vaisseau et asphyxié les participants. Les milieux d'affaires, inquiets de perdre une source de revenus en pleine croissance, poussèrent le gouvernement à sévir contre les fabricants d'huiles de contrefaçon et à adopter un système de notation pour certifier leur niveau de qualité. Les entreprises fabriquant des huiles classées cinq étoiles, largement vendues comme garantissant une combustion propre et d’une durée de 34 000 battements, finirent par dominer le marché à la fin du 26e siècle, établissant une norme et une attente pour les générations humaines à venir, à savoir que la fête devait exactement avoir cette durée.
Les extraterrestres utilisent également le SET pour traiter avec les humains, mais ils ont leur propre notion et échelle du temps. 100 années xi'ans équivalent approximativement à 128 années terriennes standard, et rai.Hy'ūm est leur mot pour désigner une année humaine. Quant aux Banus, ils comptent le temps en “battements”, qu'ils appellent umi et qui correspondent à cinq secondes chez nous. En tant que membres de l'UEE, les Tevarins utilisent le SET. Enfin, quiconque a tenté d'interroger un Vanduul sur sa notion du temps est mort, de sorte que leur perception et leur manière de l’appréhender restent inconnues.
La réponse de Bongi en tête, j'ai contacté Seneca Orisaka, spécialiste renommée de la culture banu et conservatrice du musée de l'Amitié banu dans le système Davien. J'ai commencé l'entretien en lui posant simplement la question, mais comme tant d'autres, au lieu d'y répondre directement, elle s'est plongée dans quelques théories intrigantes soulevées au fil des siècles. Dans les années 2600, Leon Dhawan, spécialiste des Banus et numérologue amateur, avança que nos amis extraterrestres ne comptaient à l'origine que jusqu'à trois. Cette hypothèse trouve son origine dans la forme de leur caractère pour le chiffre trois, le dernier des entiers initiaux avec une capsule⁽¹⁾ ouverte en bas avant de passer à une capsule ouverte en haut pour le chiffre quatre. Dhawan s'appuyait sur cette théorie ténue pour faire nombre d’affirmations farfelues et sans fondements, notamment que les 34 000 battements de Luminalia représentaient trois itas (une journée de travail ou de jeu de 10 000 battements) plus 4000 battements supplémentaires pour les siestes et les copieux repas de midi. Compte tenu de la gymnastique mentale à laquelle Dhawan s'était livré pour parvenir à cette conclusion, il n'est pas surprenant qu'elle n'ait pas fait école. La plupart des chercheurs contestèrent la théorie de Dhawan, tandis que d'autres suggérèrent que les Banus comptaient à l'origine jusqu'à cinq. Un argument qui circule encore dans certains cercles académiques, même si les Banus n'ont jamais utilisé qu’un système décimal depuis leur rencontre avec les humains.
L'influence humaine sur Luminalia ne s'arrête pas là. Les marchands humains ont également introduit la tradition de cacher dans les zones d'atterrissage et les stations spatiales des paquets cadeaux vides pouvant être échangés contre quelques crédits ou un petit jouet. Cependant, le plus grand changement apporté par les Humains à cette fête fut sans aucun doute la standardisation de l'huile utilisée dans les lampes de Luminalia, afin qu'elle puisse brûler pendant 34 000 battements. Selon Orisaka, les premières célébrations humaines duraient environ deux jours, le nombre exact de battements fluctuant selon la conception de la lampe et le type d'huile utilisé. Cependant, de nombreux participants à ces premières célébrations ne pouvaient pas trouver (ou n’avaient pas les moyens de s'offrir) l'huile spéciale fabriquée par les soulis banus. Il s'ensuivit un vaste marché de contrefaçons de combustibles brûlant trop rapidement ou, pire encore, dégageant des fumées dangereusement polluantes ou toxiques. La fin du 25e siècle abonde en histoires de fêtards de Luminalia envoyant des messages d'urgence pour avoir allumé une lampe avec de l'huile contrefaite dans des endroits mal ventilés. L'accident le plus mémorable fit cinq morts après que la fumée dégagée eut obstrué les épurateurs d'air d'un vaisseau et asphyxié les participants. Les milieux d'affaires, inquiets de perdre une source de revenus en pleine croissance, poussèrent le gouvernement à sévir contre les fabricants d'huiles de contrefaçon et à adopter un système de notation pour certifier leur niveau de qualité. Les entreprises fabriquant des huiles classées cinq étoiles, largement vendues comme garantissant une combustion propre et d’une durée de 34 000 battements, finirent par dominer le marché à la fin du 26e siècle, établissant une norme et une attente pour les générations humaines à venir, à savoir que la fête devait exactement avoir cette durée.
Déçu dans un premier temps d'apprendre que ces 34 000 battements étaient probablement un stratagème marketing créé par l'humanité et non un témoignage longtemps oublié de la culture banu, j'ai fini par reconnaître que nous ne saurons sans doute jamais les raisons ayant poussé les Banus à passer environ deux jours d'affilée à célébrer Luminalia. Néanmoins, plus je creusais la question, plus je comprenais cette réponse que tout le monde n'avait cessé de me donner : "Parce que ça a toujours été comme ça". J’ai réalisé que peu importe la raison pour laquelle nous passons deux jours à faire la fête avec notre famille, nos amis et même des inconnus comme si nous étions tous un seul et même souli. Ce qui importe au fond, c'est que nous le fassions et que cette fête nous rapproche de ceux que nous aimons. Tel est bien le véritable pouvoir de Luminalia et c'est là tout ce qui compte.
Enfant, j'ai posé cette question à mes parents un nombre incalculable de fois à l’occasion de Luminalia. Ce n'est pas que je n'aimais pas cette fête ; au contraire, je l'appréciais tellement que j'en redoutais la fin. J'adorais recevoir des cadeaux de la part de nos hôtes, me gaver de nourriture et me coucher très tard pendant ces deux jours de célébration. Aussi, tout en m’amusant, me suis-je toujours senti un peu inquiet de quand cela prendrait fin, et chaque fois que je demandais à un adulte quand la fête se terminerait, il me répondait invariablement : 34 000 battements. Bien sûr, cela me poussait à poser la question suivante : "Pourquoi 34 000 battements ?". La réponse la plus fréquente, "Parce que ça a toujours été comme ça", ne faisait que déclencher une nouvelle série d’interrogations qui, soit restaient sans réponse, soit étaient ignorées par les invités exaspérés par mon bombardement incessant de questions.
En parallèle, d'autres soutiennent que 34 000 battements correspondaient à la la durée originale d'une Assemblée sur Bacchus II. Cette théorie suggère que ces événements sacrés, au cours desquels de prestigieux essosoulis politiques se réunissent pour discuter et débattre de sujets affectant l'ensemble de la société banu, fonctionnaient de la même manière qu'une fête de Luminalia moderne, se poursuivant jusqu’à ce que l’huile d’une lampe cérémonielle se soit consumée. Cependant, les Banus ne suivent pas une telle tradition dans la version actuelle de ces Assemblées qui sont de plus organisées de façon irrégulière, ce qui rend donc cette théorie peu probable.
J'ai commencé mon enquête en demandant à plusieurs amis banus pourquoi Luminalia, appelé tsikti efanga (fête de l'Éclat) dans leur langue maternelle, durait 34 000 battements. Ils semblaient tous plus déconcertés par cette question que mes amis humains et ma famille. Cela ne m'a pas surpris, les Banus s'intéressant ordinairement au "quoi" d'une situation et non à son "pourquoi", mais j'ai tout de même trouvé leurs réponses intéressantes. La majorité se ramenait à quelque chose du style "parce que c'est comme ça qu'on a toujours fait", mais un ami, Bongi, a fait une distinction intéressante en affirmant qu‘il s’agissait de “la durée pendant laquelle la lampe reste allumée". Cela m'a amené à me poser des questions. La fête durerait-elle 34 000 battements tout simplement parce que les premières lampes de Luminalia contenaient suffisamment d'huile pour rester allumées aussi longtemps ?
Les extraterrestres utilisent également le SET pour traiter avec les humains, mais ils ont leur propre notion et échelle du temps. 100 années xi'ans équivalent approximativement à 128 années terriennes standard, et rai.Hy'ūm est leur mot pour désigner une année humaine. Quant aux Banus, ils comptent le temps en “battements”, qu'ils appellent umi et qui correspondent à cinq secondes chez nous. En tant que membres de l'UEE, les Tevarins utilisent le SET. Enfin, quiconque a tenté d'interroger un Vanduul sur sa notion du temps est mort, de sorte que leur perception et leur manière de l’appréhender restent inconnues.