
Whitley's Guide - Vulcan
Découvrez comment le Vulcan, d’abord conçu comme unité de soutien non armée et légèrement blindée de la Navy, est devenu le vaisseau qu'il est aujourd'hui.

Cet article a été initialement publié dans le magazine Jump Point 7.12.
Aegis Dynamics Vulcan
DÉVELOPPEMENT INITIAL
Comme nombre de vaisseaux d'Aegis Dynamics, le vaisseau de soutien Vulcan possède une longue et riche histoire remontant à plusieurs siècles en arrière, à l'apogée de l'ère Messer. En 2590, les avancées dans le raffinage de carburant permirent de prolonger l’autonomie des vaisseaux dans l’espace. La Navy de l’UEE (UEEN) lança donc un appel d'offres pour un vaisseau de soutien de taille moyenne, capable de mener des opérations de ravitaillement et de réarmement. Compte tenu des pratiques d’attribution des contrats militaires de l'époque, il était évident qu'Aegis décrocherait le projet. Néanmoins, l'équipe du Vulcan choisit d'aller au-delà des spécifications militaires et de développer ce qu'elle qualifia de véritable vaisseau “trois R”, à savoir capable de réarmer, ravitailler, et réparer. Les designers d'Aegis estimèrent qu’en livrant un vaisseau capable de soutenir de petits chasseurs et bombardiers (un aspect de plus en plus important de la doctrine navale), ils auraient une chance de créer quelque chose d'essentiel pour l'arsenal de l'UEEN à plus long terme.
Les premiers prototypes étaient très éloignés des modèles commercialisés trois siècles et demi plus tard. À cette époque, le vaisseau ne disposait pas des drones BARD de la version moderne, ce qui imposait que chacune de ses trois fonctions principales soit remplie manuellement, rendant les opérations beaucoup plus dangereuses. Après une série d'accidents destructeurs, les ingénieurs mirent au point un procédé permettant de maintenir les munitions inertes jusqu’à leur activation à distance une fois chargées. Le ravitaillement en carburant via la plateforme Vulcan s’avéra plus difficile : les vaisseaux devaient manœuvrer très près et se connecter via une sonde externe pendant toute la durée de l’opération. Contrairement aux munitions, il n’était pas possible de rendre le carburant quantique inerte, d’où un danger accru dont les équipages étaient parfaitement conscients pendant ces opérations. Dans l'idéal, le ravitaillement se faisait à l'arrêt complet, mais cela était souvent impossible en conditions de combat, ce qui a valu aux équipages de Vulcan le respect sincère des escadrons de chasseurs et de bombardiers. Les réparations, quant à elles, étaient relativement simples, le compartiment arrière du vaisseau permettant de stocker des outils de réparation et des fournitures facilement accessibles aux membres d'équipage en combinaison de sortie spatiale.
Comme souvent pour les vaisseaux de soutien de l'époque, les premiers Vulcan étaient entièrement dépourvus d’armement et ne disposaient que d'un blindage limité. Au fil des décennies, les avancées dans les procédés et les stratégies militaires permirent de remanier considérablement les capacités défensives du Vulcan.
Le vaisseau qui en résulta, lancé officiellement en 2594, impressionna l'UEEN lors de son examen officiel, l'incitant à en commander près de quatre fois plus que le nombre prévu dans l’offre initiale. Une fois qu’il fut entré en service actif, Aegis donna la priorité au développement de ses évolutions afin d’éviter son obsolescence. Les changements apportés à la plateforme Vulcan se succédèrent rapidement, l’entreprise s'adaptant aux retours des champs de bataille et s'efforçant d'intégrer les dernières technologies. En l'espace de dix ans, le concept simple mais dangereux “d'atelier” de réparation fut remplacé par un processus formalisé utilisant des bras manipulateurs, tandis que la formation au ravitaillement en vol s'améliora et réduisit considérablement les pertes humaines. Des modifications furent régulièrement apportées aux trois rôles du Vulcan, soutenues à chaque étape par Aegis. La version moderne prit forme en 2895 avec l'adoption des drones BARD de Saga Datasystems, qui standardisèrent les fonctions de soutien du vaisseau tout en diminuant considérablement les risques. En utilisant ces drones (qui allaient bientôt devenir la norme dans l'industrie) au lieu de développer les leurs , Aegis baissa le coût par unité du Vulcan et noua une relation stratégique importante avec une entreprise technologique en plein essor.
LE VULCAN EN TEMPS DE GUERRE
Le Vulcan subit son baptême du feu en 2603, lors des premières batailles de la Deuxième Guerre tevarine. Au début du conflit, le vaisseau faisait partie de l'UEEN depuis près de dix ans et il y avait fait ses preuves en temps de paix, en soutenant et en élargissant le rayon d'action des convois et des patrouilles. Toutefois, ses premières missions au combat ne se déroulèrent pas bien. Les forces tevarines comprirent rapidement qu'elles pouvaient réduire l'efficacité de l'UEE en prenant pour cible ces vaisseaux de soutien, lents et peu défendus. Au cours des six premiers mois de la guerre, les pertes de Vulcan furent beaucoup plus lourdes que prévu, et un certain nombre de missions d’attaque échouèrent lorsque des bombardiers incapables de se ravitailler furent abattus au retour de leur mission par des chasseurs tevarins. Ces problèmes furent résolus par des changements de fabrication et de doctrine. Aegis développa une mise à niveau pour les premiers Vulcan afin d’augmenter sa résilience sur le champ de bataille, améliorant le blindage et ajoutant une tourelle défensive ; autant de changements qui allaient contribuer à la future refonte du vaisseau. L'armée elle-même adapta le rôle du vaisseau en utilisant les Vulcan par groupes de trois : un pour la réparation, un pour le réarmement et un pour le ravitaillement. Ces trios étaient protégés par des chasseurs d'escorte, qui assuraient leur défense en cas d’attaques et qui utilisaient leurs services pendant les périodes d'inactivité.
Le Vulcan ne rencontra aucun problème de ce genre lors de ses premières confrontations avec les Vanduuls. Ceux-ci semblaient alors ne pas chercher à cibler les vaisseaux de soutien, mais à se concentrer sur les chasseurs en voyant dans le reste comme de la ferraille utile ou un précieux butin. Les progrès constants de la plateforme permirent aux premiers Vulcan ayant affronté les Vanduul d'être beaucoup plus efficaces, dans leurs rôles premiers comme en défense. Avec l’amélioration des “trois R” apportés par les drones, ils furent utilisés plus nombreux que jamais, aussi bien dans leurs rôles traditionnels qu’en tant que soutien de flotte, nombre d’entre eux étant souvent chargés de suivre de près des escadrons de destroyers et de croiseurs. Ces dernières années, l'UEEN a commencé à déployer ce qu'elle appella des “groupes d'intervention à distance” pour tenter de réduire la pression exercée par les Vanduuls. Ces groupes d'intervention sont composés de chasseurs et de bombardiers lancés depuis leur base, soutenus par des Vulcans modernes qui accroissent considérablement leur rayon d'action et leur puissance de frappe, leur permettant ainsi de se déployer en territoire ennemi pour y mener des raids. Cette stratégie, élaborée dans le but de répondre aux incursions anti-commerce des Vanduuls, semble se révéler efficace.
LE VULCAN EN TEMPS DE PAIX
Le Vulcan dépassa rapidement son rôle militaire initial en raison de la simplicité de son design. En l'absence d'armes de qualité militaire ou de technologies avancées telles que les drones, l'UEE n’eut guère de raison de s’opposer à la vente du modèle aux entreprises et aux utilisateurs privés. C'est ainsi que le Vulcan connut une seconde vie en tant que vaisseau de soutien civil. La commercialisation initiale fut destinée aux grandes entreprises qui exploitaient leurs propres convois et requéraient ce type de vaisseaux pour opérer en toute sécurité. Le Vulcan civil fut vendu en grand nombre et devint, en l'espace de cinq ans, un élément essentiel sur des routes commerciales les plus fréquentées.
Ce qu'Aegis n'avait pas prévu, c'est la popularité ultérieure du vaisseau parmi ceux qu’on appelle les “voyageurs”. Initialement nés d'une alliance entre trois spatioclubs amateurs à la fin du 29e siècle, les groupes de “voyageurs” devinrent une sorte d'organisation de bienfaisance soutenant les propriétaires de vaisseaux indépendants. Le Vulcan leur apporta exactement ce qui leur manquait : un vaisseau amiral uniforme capable de fournir le type d'assistance qu'ils s’étaient jusqu'alors obstiné à chercher dans des vaisseaux civils. Aujourd'hui, on retrouve ces vaisseaux polyvalents et endurants dans la plupart des systèmes, soit rattachés à des entreprises ou des organisations, soit comme fournisseurs de services indépendants.