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Whitley's Guide - Prowler

Redouté par l’humanité lors des guerres tevarines, le Prowler a connu une seconde vie inattendue grâce à Esperia.

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Cet article a initialement paru dans le magazine Jump Point 8.4.

Esperia Prowler

AU SERVICE DES TEVARINS

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Le vaisseau de débarquement Prowler possède la particularité d’avoir connu deux histoires presque distinctes : la première étant sa conception et son utilisation initiales par les forces tevarines voici déjà plusieurs siècles, et la seconde concernant la réplique désormais bien connue fabriquée par Esperia. On sait peu de choses sur le développement originel de l’appareil ou sur son usage militaire, si ce n’est qu’il a été largement employé durant les deux guerres tevarines. Il est en revanche certain que le Prowler est un puissant vaisseau de débarquement dont la silhouette unique, la discrétion en vol et les remarquables capacités de combat ont fait un symbole de la puissance militaire tevarine, suscitant à la fois le courroux et le respect des soldats humains qui l’affrontaient. Leur première rencontre remonte à l’annexion d'Idris IV en 2541, au début de la Première Guerre. Les unités de Prowler jouèrent un rôle déterminant dans la soumission des derniers défenseurs humains et dans le transport du premier contingent de troupes d’élite tevarines, qui sécurisèrent les anciennes installations militaires de la planète. Une photo d’actualité prise sur le champ de bataille, montrant un ciel rempli de silhouettes caractéristiques du Prowler, devint étroitement associée aux premiers jours du conflit et à la nature extraterrestre de la menace que la Souveraineté faisait peser sur l’UPE.

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Deux versions distinctes du Prowler furent observées durant ces guerres. La première, baptisée Prowler-A, ne disposait pas de tourelle supérieure téléopérée. Cette configuration initiale donna naissance à une tactique d’intervention rapide : après avoir repéré un Prowler, les intercepteurs de l’UPE effectuaient un “kick stop” afin de saturer au plus vite cet angle mort de toute leur puissance de feu. Alors que la guerre s’enlisait dans sa deuxième année, apparurent les Prowler-B, équipés de ce que leurs adversaires appelèrent le “stinger” (alors une tourelle d’arme énergétique maser). Des dizaines de pilotes humains y perdirent la vie avant que de nouvelles tactiques puissent être mises en place. À proprement parler, les répliques et les versions modernisées d’Esperia ne furent pas les premiers Prowler pilotés par des humains. Au cours du premier conflit, les forces humaines ont capturé à plusieurs reprises des appareils encore largement opérationnels et les ont équipés pour des missions d’unités spéciales, notamment le déploiement de drones derrière les lignes ennemies et, en une seule occasion, pour une opération de sauvetage de prisonniers de guerre minutieusement orchestrée. Souvent pilotés par des Tevarins fidèles à l’UPE, ces Prowler ne furent quasiment pas modifiés pour un usage humain.

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Le gouvernement de l’époque manifestait fort peu d’intérêt pour la récupération ou l’étude des technologies tevarines. Ainsi, la plupart des Prowler capturés (comme les autres vaisseaux construits par cette espèce) furent soit mis à la casse, soit utilisés comme cibles d’entraînement dans les derniers jours de la guerre. Leur destruction rapide fut encouragée tant par les spéculateurs, attirés par la valeur immédiate de leurs métaux composites parfois rares, que par le désir général de la société de tourner la page du conflit. Quelques Prowler échappèrent néanmoins aux ferrailleurs pour se retrouver entre des mains privées, où ils servaient généralement de vaisseaux mercenaires. Ils furent couramment utilisés jusqu’au début du 28e siècle, avant de disparaître progressivement en raison de leur usure et du manque de pièces de rechange. Un unique exemplaire, un Prowler de modèle tardif équipé du stinger, fut conservé par ce qui allait devenir l’Administration impériale des archives et des registres. Entreposé en pièces détachées, il vit ses ailes finalement détruites suite à l'effondrement d’un bâtiment, tandis que son fuselage resta intact presque deux siècles durant. Cette partie restante, depuis restaurée, est exposée dans la Galerie des guerres tevarines au Musée aérospatial de Dayton. Toujours orné des logos de l’UPE peints à la hâte sur son flanc, ce vaisseau fut étudié par Esperia comme référence aux côtés des exemplaires récemment découverts, sur lesquels se basent les modèles destinés aux humains.

LE DÉVELOPPEMENT DU PROWLER MODERNE

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L'impressionnant second acte du Prowler débuta en 2941, lorsque des éclaireurs impériaux pénétrèrent dans le système Kabal récemment découvert, et y localisèrent plusieurs colonies tevarines abandonnées sur la troisième planète. Xénoarchéologues et historiens tevarins datèrent ces installations préservées du milieu du 25e siècle, quelque temps avant le début des conflits entre humains et Tevarins. La nature de ce système, ainsi que sa séparation (ou son possible effacement) du reste de la Souveraineté tevarine, demeurent vivement débattues. Quelles que soient les circonstances historiques, cette découverte constitua une formidable aubaine pour Esperia, entreprise alors surtout connue pour produire de petites séries de répliques d’appareils vanduuls à usage militaire, parfois proposées à la vente aux civils. L’UEEN, particulièrement satisfaite de l’acquisition récente de quatre escadrons de chasseurs Blade reproduits à des fins d’entraînement contre un adversaire simulé, insista pour qu’Esperia fasse partie du groupe d’analystes envoyé à Kabal étudier les technologies tevarines potentiellement disparues, dans deux bases aérospatiales repérées par les premiers explorateurs.

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Une grande partie des découvertes faites dans le système Kabal demeure aujourd’hui classifiée, y compris l’implication globale d’Esperia dans le projet. On sait toutefois que les chercheurs y trouvèrent l’équivalent de neuf escadrons de Prowler modèle A, entièrement équipés et soigneusement entreposés dans des bunkers antinucléaires. L’enquête révéla qu’aucun de ces appareils n’avait volé depuis près de cinq siècles, et qu’ils avaient été dûment mis à l’arrêt plutôt qu’abandonnés in situ. Une dizaine d’autres exemplaires n’avaient pas bénéficié de ces précautions et s'étaient considérablement dégradés, à la merci des intempéries sur le tarmac. Esperia demanda à les recevoir pour étudier leurs différentes pièces, mais ils furent finalement confiés à un autre groupe menant des recherches sur le stockage de vaisseaux à long terme.

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L’équipe d’étude initiale d’Esperia examina les appareils disponibles, effectua une série de scans atomiques, et fut autorisée à en démonter deux afin de rédiger un premier rapport sur les technologies et composants employés dans leur construction. Un pilote d’essai de l’UEEN fut rattaché au groupe et, à l’issue de l’étude, un Prowler fut ravitaillé puis soumis à un vol atmosphérique de 45 minutes. Vol qui sembla confirmer le bon état de fonctionnement des vaisseaux, dans la limite de ce que permettait l’équipement disponible dans le système Kabal. Au terme des 18 mois que dura la phase du projet menée à distance, le gouvernement décida de rapatrier six de ces Prowler vers le laboratoire aseptisé d’Esperia à Kutaram plutôt que de maintenir l’équipe sur Kabal.

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Alors que l’équipe d’Esperia achevait de démonter et de documenter les anciens vaisseaux, la direction commença à envisager une extension : un projet audacieux visant non plus seulement à les étudier mais à les recréer avec des commandes adaptées aux humains et des composants contemporains. Une équipe dédiée prépara une proposition officielle à l’intention de l’UEE, afin d’obtenir à la fois l’accès aux appareils et les droits nécessaires à leur reproduction, officiellement dans le but de les vendre à des amateurs et à d’autres personnes intéressées par un vaisseau historique. Le projet cachait cependant un objectif plus vaste : Esperia était parfaitement conscient des problèmes de démarrage qui plombaient alors l’entrée en service prévue du Redeemer d’Aegis Dynamics, conçu comme la canonnière nouvelle génération de l’UEEN. Voyant là une brève opportunité de remettre le Prowler sur le marché militaire, l’entreprise investit dans le projet des moyens bien supérieurs à ceux de ses précédentes productions. À la grande surprise de toutes les parties concernées, le gouvernement approuva l’idée presque immédiatement et déclassifia officiellement les Prowler récupérés au profit d’Esperia.

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L’un des premiers obstacles rencontrés par l’équipe chargée de la recréation fut que les modèles retrouvés sur Kabal dataient d’avant les guerres et ne disposaient donc pas de la tourelle maser dorsale. Sachant que les nouveaux Prowler devaient corriger cet angle mort, l’équipe étudia minutieusement l’exemplaire conservé à Dayton afin d’adapter structurellement le nouveau fuselage à un support de tourelle standard (les anciennes tourelles maser ayant depuis longtemps cessé d’être produites au profit de systèmes modernes, plus efficaces et modulaires). Les astro-ingénieurs eurent également des difficultés à recréer le “cockpit à plaques”, et il leur fallut plusieurs mois pour maîtriser les technologies tevarines, autrefois courantes, qui conféraient au vaisseau sa structure frontale si caractéristique. En collaboration avec des historiens et des collectionneurs, Esperia put remonter la trace de chaque sous-système et composant du vaisseau d’origine, puis les reconstituer à l’aide des technologies actuelles ou les remplacer par un système modulaire existant. Les systèmes informatiques furent notamment entièrement repensés, les logiciels tevarins d’origine ayant soit été perdus du fait de la dégradation des données, soit jugés incompatibles avec les systèmes modernes.

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Le “nouveau” Prowler fit ses débuts en 2946 lors d’une présentation spectaculaire à l’IAE annuelle, où ce vaisseau ailé typique fit une apparition aussi fulgurante qu’inattendue, tout comme il l’avait fait jadis dans le ciel d’Idris IV. Le projet de vendre ce modèle à l’armée échoua largement, l’UEEN n’ayant finalement acheté qu’une série limitée de ces vaisseaux à des fins d’étude et pour d’éventuelles missions spéciales. Il attira toutefois immédiatement l’attention du secteur civil : les précommandes ne vinrent pas d’historiens ou d’associations de préservation, mais plutôt de forces mercenaires et de prospecteurs indépendants, qui y voyaient un vaisseau robuste et de haute technologie adapté aux opérations difficiles. Bien loin des stigmates de la guerre, le Prowler trouva une seconde vie inattendue au service des descendants des humains qu’il avait autrefois combattus avec tant de férocité.

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odysseus1992

Passionné de jeux vidéo, j'attends avec impatience Star Citizen et Squadron 42 ! Mais qu'ils prennent leur temps, hein ! 😉

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